Une même station alimente deux chaînes : le site météo historique, en ligne depuis plus de dix ans, et le site de la ferme. Voici comment, pièce par pièce.
Une station professionnelle sans fil, référence 6152EU. Les capteurs extérieurs sont regroupés sur un mât, l'ISS (Integrated Sensor Suite), qui transmet ses mesures par radio (868 MHz, jusqu'à 300 m) à une console d'affichage.
Température et humidité : double sonde placée dans un abri anti-rayonnement normalisé, à 2 mètres du sol, selon les règles de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
Pluie : pluviomètre à augets basculants, résolution 0,25 mm.
Vent : anémomètre-girouette, de 3 à 241 km/h, direction au degré près.
Pression atmosphérique : mesurée par la console, au dixième d'hectopascal.
Rayonnement solaire : il sert aussi au calcul de l'évapotranspiration.
L'installation et le protocole de mesure ont été validés par le réseau Infoclimat. C'est la température réelle de l'air, sans l'effet du soleil direct ni de la chaleur renvoyée par le sol.
WeatherLink est le système d'enregistrement de Davis. Il archive les relevés de la console à intervalle régulier, ce qui constitue notre historique depuis 2015. Sa version en ligne, WeatherLink.com, met les données à disposition par une API : c'est par cette porte que nos tableurs Google reçoivent les mesures, sans aucune ressaisie.
GraphWeather est un logiciel gratuit, développé par un passionné de météo amateur. Il lit les données de la station, calcule les statistiques et produit les graphiques publiés sur meteo.grande-metairie.fr, dans un modèle de site créé par Météo Villarzel.
En direct : jauges de température, humidité, pression, vent, pluie et rayonnement.
Graphiques sur 48 heures, sur le mois et sur l'année, pour chaque grandeur.
Agrométéorologie : température et humidité du sol, évapotranspiration, sommes de températures en base 0 et en base 6.
Climatologie : dix ans de statistiques locales et la comparaison de périodes entre elles.
Prévisions et alertes : radar de pluie, image satellite, impacts de foudre, éphémérides.
En parallèle, un script interroge l'API WeatherLink toutes les 5 minutes et écrit les relevés dans une feuille Google Sheets. C'est cette feuille qui calcule les cumuls, les séquences (jours de pluie consécutifs, chaleur, sécheresse, gel) et les records depuis 2015. La météo en direct du site de la ferme passe par Looker Studio ; la climatologie et les outils d'aide à la décision lisent directement la feuille. Rien n'est saisi à la main.
Le site historique reste en ligne pour les passionnés de données brutes et pour la continuité de dix ans de graphiques. Le site de la ferme ne garde que ce qui sert à décider, et croise la météo avec le reste du système : pousse de l'herbe, ration, stress thermique des vaches.
Le site historique conserve les courbes de sol de l'ancienne station agricole Davis, qui n'est plus en service. Aujourd'hui, c'est une sonde Dragino SE01-LB enterrée qui mesure la température, l'humidité et la conductivité du sol, et les transmet par notre réseau LoRaWAN privé.
Profondeur : 15 cm. C'est là que les racines puisent l'eau, à l'abri des variations brutales de la surface.
Position : au milieu de la parcelle, loin des bordures et de l'ombre des haies, pour refléter la majorité du champ.
Insertion horizontale, dans une terre non remuée : les tiges en acier inoxydable sont en contact total avec le sol, sans poche d'air qui fausserait la conductivité (EC).
Chaque jour, la température moyenne mesurée à la ferme s'ajoute au cumul, au-dessus d'un seuil (la « base ») propre à chaque plante :
Herbe, base 0 °C depuis le 1er janvier : le premier apport d'azote se raisonne autour de 200 °C cumulés.
Maïs, base 6 °C depuis le semis : la date de récolte se calcule pour atteindre 32 % de matière sèche, selon l'indice de précocité FAO de la variété.